Querelle Guillet-Spon

Dates 1675 - 1680

Fiche rédigée par David Chataignier . Dernière mise à jour le 24 March 2016.

Synopsis

Synopsis

En 1675, Georges Guillet de Saint-Georges fait publier un récit de voyage et de description de la Grèce ottomane Athènes ancienne et nouvelle, et l'état présent de l'empire des Turcs, contenant la vie du sultan Mahomet IV, le ministère de Coprogli Achmet Pacha, et son campement devant Candie, avec le plan de la ville d'Athènes. Se défendant d’en être l’auteur, il explique dans la préface que l’ouvrage est issu de la plume d’un certain « La Guilletière » qu’il présente comme son frère, un soldat auparavant captif des Turcs. Le texte exposerait ses pérégrinations dans le Levant – en particulier en Grèce – entreprises immédiatement après sa sortie d’esclavage. Habilement mené autour du thème de la décadence en faisant constamment alterner la description entre l’état actuel et passé du monde grec, le récit est aussi le lieu de rencontres et d’échanges avec des gens du pays et de péripéties militaires. Il se termine en effet à Candie, dans le camp ottoman assiégeant la cité tenue par les Vénitiens. Dès l’année suivante, Guillet publie un second ouvrage, intitulé Lacédémone ancienne et nouvelle, où l’on voit les mœurs et les coutumes des Grecs modernes, des Mahométans et des Juifs du pays (Paris, 1676), qui permet de reprendre le cours des aventures du héros là où le précédent récit l’avait laissé.

En 1678, dans la relation en trois volumes qu’il tire du voyage en Grèce dont il revient à peine, Jacob Spon, savant originaire de Lyon, critique La Guilletière : il dénonce les inexactitudes dont Athènes ancienne et nouvelle serait parsemé. Celles-ci sont essentiellement d’ordre topographique. En d’autres termes, certains monuments ou sites emblématiques du monde grec cités par La Guilletière ne seraient pas correctement situés ou décrits et témoigneraient d’une mauvaise appréciation du terrain. Mais sous couvert d’un propos modéré, Spon émet également quelques réserves sur l’authenticité de la relation toute entière, laissant entendre que son auteur aurait tiré ses informations de récits secondaires (« Si celui qui a communiqué ses mémoires à Monsieur de La Guilletière... », éd. orig. tome 2, p. 125 ; éd. Duchêne, Étienne et Mossière, 2004, p. 352).

C’est pressé par la colère que Guillet réplique d’abord à ces insinuations. Sans nommer un adversaire, dont il met en doute, sur un ton sarcastique, les compétences en matière d’antiquités, il annonce, à la fin de la préface de son Art de l’homme d’épée ou le dictionnaire du gentilhomme (1678), la publication prochaine d’une réponse argumentée dans la quatrième édition d’Athènes ancienne et nouvelle. Témoin de la diffusion de la querelle, semblable annonce est faite par Bayle, dans sa correspondance en novembre 1678.

Mais la véritable riposte de Guillet paraît un an plus tard dans un texte intitulé Lettres écrites sur une dissertation d’un voyage de Grèce, publié par M. Spon (1679). La chose se présente comme une discussion entre plusieurs savants qui, à la lumière de leurs disciplines respectives, examinent les différents sujets abordés dans l’ouvrage de Spon : géographie, histoire antique, science des inscriptions, etc... Le propos est sans appel : l’accusation d’imposture à l’encontre de La Guilletière est rejetée, le savant lyonnais traité d’ « agresseur satyrique et goguenard » (p. 10) et, les erreurs de son propre récit dévoilées, il est à son tour accusé de « falsification » (p. 114). Pour contrer les reproches d’inexactitude, Guillet publie les extraits de deux lettres d’anciens missionnaires en Orient, les Capucins Barnabé et Simon, eux-mêmes mentionnés dans Athènes ancienne et nouvelle, lesquels confirment certaines des descriptions faites par La Guilletière et contestées par son rival (p. 161-165). Doit-on voir dans la pointe finale du récit une référence au milieu du théâtre que fréquentait Guillet ? Celui-ci, sous le masque d’un narrateur à l’ironie particulièrement piquante, compare le Caritidès de Molière à son rival, renvoyant définitivement le malheureux Spon dans la catégorie des fâcheux (p. 288).

La contre-attaque de Spon ne se fait pas attendre. La même année, l’antiquaire publie sa Réponse à la critique de M. Guillet sur le voyage de Grèce de J. Spon. L’Avis [au lecteur] laisse peu de doute sur la manière dont le savant lyonnais a reçu la dissertation de celui qui est désormais son adversaire déclaré. Les termes utilisés par Guillet, notamment celui de « goguenard », sont visiblement mal passés (quatrième page non numérotée). Aussi à peine la discussion est-elle débutée que les attaques personnelles affleurent : l’évocation brève mais répétée par deux fois en l’espace de quelques lignes des origines, si ce n’est obscures du moins faussement parisiennes de Guillet, le tout sous couvert de prétérition, montre d’emblée que le combat ne va pas se situer sur un plan purement scientifique (« M. de la Guilletière Parisien d’Auvergne, c’est-à-dire, pour ne pas tomber dans le quolibet, Auvergnat établi depuis longtemps à Paris », Critique, p. 4). Au-delà, et bien qu’il proteste de son « flegme » (p. 7), Spon conteste très vite l’authenticité des récits en question. Ainsi, au bout de quelques pages, il reproduit le texte d’un mémoire envoyé depuis Paris à des missionnaires Capucins en Orient dont l’auteur requiert des éléments topographiques particulièrement précis sur plusieurs régions de Grèce (p. 12-15). La chose émanerait de l’entourage de Guillet. Sur ce sujet des Capucins, double remise en cause : et les lettres citées par son rival pour témoigner de la justesse des descriptions d’Athènes et ce frère, auquel Spon ne croit visiblement pas. Car si ce « prétendu frère » est allé en Orient, pourquoi n’a-t-il pas été possible d’obtenir des Pères Barnabé et Simon un écrit confirmant sa présence sur le terrain (p. 16) ? Spon ironise alors sur les justifications déployées par Guillet dans cette affaire et la manière dont, finalement, sa figure et celle de son frère finissent par s’entrecroiser jusqu’à s’entremêler et se confondre. Le savant lyonnais le répètera plus loin (p. 116) : La Guilletière « que l’on n’a jamais vu à Athènes » n’est qu’un « déguisement » pour Guillet. Dans l’attente, pour asseoir la réalité de son propre voyage, il renvoie le lecteur à la fin de sa dissertation où est reproduit le passeport qui lui a été donné par l’ambassadeur Nointel pour circuler en Orient (p. 321-322). Passant ensuite à la critique de la critique, il reprend alors chacun des reproches de Guillet qu’il conteste avec vigueur. S’il sait admettre ses erreurs, il ne manque jamais une occasion d’administrer à celui qu’il nomme « M. Guillet » ou « mon Censeur » une leçon en matière de savoir antique. La rigidité, la mauvaise foi ou tout simplement l’ignorance dont ce dernier aurait fait preuve à l’égard du Voyage de Grèce sont exposées dans les moindres détails. Avant de laisser la parole à d’autres, Spon renvoie une ultime fois son rival dans les cordes : il retourne à Guillet sa moquerie « théâtrale » en raillant celui-ci sur ses fonctions médiocres au sein d’une troupe de comédiens parisiens : « Il n’est pas jusqu’aux portiers et aux moucheurs de chandelles de l’Hôtel de Bourgogne qui ne lui applaudissent, et qui ne lui cédassent sans peine leurs Offices, pour les bons services qu’il a rendus à la république des Lettres » (p. 160).

À la suite de sa critique, Spon reproduit plusieurs textes qui témoignent et de la violence et de la diffusion de la polémique. En premier lieu, une lettre anonyme du 12 mars 1679, probablement écrite par un savant qui embrasse sa cause (p. 163-209). Suit l’intervention d’Antoine Galland, laquelle se déroule en trois temps : le futur traducteur des Mille et une nuits témoigne d’abord son soutien à Spon dans une lettre du 10 février 1679 (p. 211-242). Mais un texte moqueur (p. 245-252), également publié par Spon dans le même volume et présenté comme émanant de Guillet (p. 243-244) le fait revenir à la charge par deux fois, les 18 puis 28 avril 1679 (p. 253-270 et 271-283). Enfin, le savant lyonnais procure encore la traduction d’une lettre du voyageur anglais Francis Vernon diffusée trois ans auparavant (avril 1676) dans une revue scientifique britannique : les Philosophical transactions of the Royal society of London (p. 284-302). Ce texte signe en réalité le véritable point de départ de la controverse puisque, comme l’a montré David Constantine (voir art. cit. plus bas, p. 2), il remet en cause le propos de l’auteur d’Athènes à une date où rien n’a encore été mis sous presse à ce sujet. Mais c’est dans les dernières pages de sa Réponse que Spon produit le point d’orgue de son attaque : la « Liste des erreurs de M. de la Guilletière dans son Athènes ancienne et nouvelle » lesquelles sont au nombre de 113 (p. 303-320).

Dans le but d’obtenir des soutiens de poids, Spon semble avoir voulu donner un tour politique à la querelle. En février 1679, alors que sa critique était probablement rédigée mais non encore publiée, il avait obtenu via Nicaise l’appui de Bossuet et l’autorisation de dédier sa Réponse au Dauphin. Au cours de l’été 1679, après avoir reçu son texte et l’avoir transmis au fils du roi dont il était le précepteur, Bossuet avait assuré Spon en personne de la satisfaction de son royal disciple. Nul doute que ce faisant Spon tentait de contrebalancer la dédicace que, dans sa propre dissertation, Guillet avait adressée au même Dauphin. Mais l’évêque de Condom avait aussi appelé Spon au calme et à la retenue dans chacun de ses échanges épistolaires (voir plus bas).

Au cours des premiers mois de 1680, la querelle apparaît toujours d’actualité. Ainsi Bayle, qui compare les deux savants à un « couple de gladiateurs aux prises, qui peuvent nous fournir un long spectacle » (Lettre 179 à Vincent Minutoli du 1er janvier 1680), l’évoque par trois fois dans sa correspondance où il dit craindre encore des rebondissements, notamment de la part de Guillet (Lettre 183 à Vincent Minutoli du 24 mars). Mais Guillet ne reparaît dans ses échanges épistolaires qu’un an et demi plus tard, lors de l’annonce de la publication de son Histoire de Mahomet II en septembre 1681 – deux mois avant Spon, également cité pour la parution d’un de ses écrits (Lettre 191 à Vincent Minutoli du 26 juin 1681).

Pour voir les deux hommes réunis sous la même rubrique, il faut attendre qu’une lettre de Jean Graverol (512, à Pierre Bayle du 9 février 1686) vienne rappeler avec émotion le souvenir du savant lyonnais, fauché par la maladie alors qu’il fuyait la France de la Révocation. L’homme y est célébré pour sa fortitude : « Les fières et violentes invectives de La Guilletière ne lui donnèrent aucune altération. Et il se contenta, en le réfutant modestement, de le convaincre invinciblement d’avoir fait en [un] fort petit volume cent treize fautes d’une tout autre nature que celles que cet audacieux écrivain entreprit de lui reprocher. » Bayle rendit l’extrait public le même mois en le faisant paraître dans Les Nouvelles de la République des Lettres (article IX, p. 211-215).

Ces critiques à l’égard de Guillet ne doivent pas faire oublier ce qui est peut-être à considérer comme le dénouement ultime de la querelle : entre ces deux évocations dans la correspondance de Bayle, l’homme a été élu historiographe de l’Académie de Peinture et de Sculpture (1682). Il est à l’époque le premier savant à bénéficier de cet insigne honneur. Que la chose participe d’une réelle consécration ou qu’il s’agisse d’une mesure politique destinée à calmer un acharné, elle révèle surtout l’absence de discrédit radical retombant sur l’un ou l’autre protagoniste de cette histoire – en particulier celui soupçonné d’avoir menti. Car mensonge ou contrefaçon ne sauraient remettre en cause les indéniables qualités de Guillet : à défaut d’être authentiques, ses écrits, captivants, parfois émouvants, témoignent d’un intérêt sincère pour l’Orient gréco-ottoman et les peuples bigarrés qui le composent. À ceci, il convient d’ajouter cette passionnante fascination pour les anciennes civilisations qui les ont précédés sur ces territoires mythiques et qui démontre, au fur et à mesure de la progression du récit, la profonde érudition d’un auteur qui n’avait rien à envier à ses homologues à une époque où la compilation et les emprunts non avoués étaient, il faut le dire, monnaie courante dans bon nombre de supports appartenant à la littérature de voyage (voir notamment A. Grosrichard).

Enjeux

Enjeux

Comme l’ont montré les Monval père et fils, derrière la contestation de Spon, et au-delà de la querelle en elle-même, semble se jouer une bataille pour la préséance en matière de récits sur la Grèce moderne. À la condition qu’il fût authentique, le récit de Guillet était le premier à fournir un portrait aussi précis et complet d’Athènes et de sa région. Or Spon avait participé à la publication d’un ouvrage beaucoup plus sommaire quelques mois avant la parution des aventures de La Guilletière : la Relation de l’état présent de la ville d’Athènes du jésuite Jacques-Paul Babin (1674). Non seulement le savant lyonnais le dit-il à plusieurs reprises dans son propre récit, mais aussi explique-t-il avoir reçu celui de La Guilletière à son départ pour l’Orient. Nos prédécesseurs l’ont déjà pointé : si ce livre l’a suivi tout au long de son propre voyage, Spon a pu en vérifier l’exactitude pour chaque lieu visité, monument décrit ou inscription constatée. D’où, probablement, l’opiniâtreté déployée pour défendre son point de vue. Quoi qu’il en soit, la constante volonté des deux savants, dans leurs échanges respectifs, de s’affirmer chacun comme le spécialiste de la chose antique laisse peu de doute quant à l’aspect narcissique de leur combat.

Poursuivaient-ils un autre but ? Leur quête d’appuis en haut lieu pourrait accréditer cette idée. Ainsi Guillet est-il élu à l’Académie de Peinture et de Sculpture en 1682 au titre d’historiographe. La notoriété de ses écrits, dont on a vu qu’ils étaient à l’origine « estimés » par un témoin comme Pierre Bayle, et l’écho pris par la polémique, ont certainement joué en sa faveur.

Pourtant, à partir de cette date et ce jusqu’à la fin de sa vie, il ne va s’occuper que de Beaux-Arts. Certes, on peut considérer que son Athènes et sa Lacédémone faisaient déjà la part belle à ce domaine d’étude ou à ses origines antiques. Mais hormis une réédition de son Histoire du règne de Mahomet II en 1681 et une autre du second volet des aventures de La Guilletière, nulle nouvelle création en matière d’Orient moderne. À la fin de la préface de sa Lacédémone, il avait pourtant fait le vœu de donner une suite au voyage de son héros : « Si les observations de la Guilletière continuent de plaire au public ; on pourra donner dans peu de temps le reste du Voyage de la Grèce, et particulièrement la Description de Delphes, et celle du Mont Parnasse, en gardant toujours la comparaison des Siècles opposés. »

Guillet a peut-être voulu tourner la page d’une querelle où il s’était épuisé et qui lui avait été particulièrement pénible. La disparition de Spon en 1685 mettait de toute façon un point final au combat. Critiqué par ses contemporains pour son acharnement dans cette affaire, Guillet n’aurait alors pu revenir sur le sujet sans risquer d’apparaître totalement inexorable. Et puis il était, depuis 1682, historiographe de l’Académie de Peinture et de Sculpture ... Peut-être avait-il atteint un niveau de reconnaissance suffisant pour, à ses yeux, ne plus juger utile d’intervenir une énième fois sur ce sujet.

Chronologie

Chronologie

• 1675 : publication par Guillet d’Athènes ancienne et nouvelle (achevé d’imprimer du 15 janvier 1675), premier volet des pérégrinations au Levant de son prétendu frère nommé La Guilletière.

• 1675 : Pierre Bayle ne semble pas douter de l’authenticité de l’ouvrage. Par deux fois, il en annonce la parution, par deux fois il en salue le succès (Lettres 74, à Jean Bayle et 81, à Vincent Munitoli, des 31 janvier et 17 mars).

• 1676 : Guillet publie le second volet des aventures de La Guilletière en Grèce ottomane, Lacédémone ancienne et nouvelle (achevé d’imprimer le 4 avril 1676).

• 24 avril 1676 : les Philosophical transactions publient une lettre de Francis Vernon en provenance d’Orient au sujet de son propre voyage alors en cours. L’homme a effectué une partie du trajet en compagnie de Spon et de quelques autres gentlemen. En seulement quelques lignes, Vernon ouvre les hostilités contre « Monsieur de la Guilliotiere » [sic] (p. 579) dont il critique notamment les élucubrations sur le théâtre dit « de Bacchus » à Athènes.

• 1676 : Pierre Bayle évoque à plusieurs reprises le second récit paru sous la plume de La Guilletière et à nouveau en loue, par deux fois, le contenu (Lettre 123, à Vincent Minutoli du 19 juillet et Lettre 126, à Joseph Bayle du 25 août).

• 1678 : Spon critique le récit de son prédécesseur dans son propre récit de voyage en Grèce, Voyage d’Italie, de Dalmatie, et du Levant (achevé d’imprimer du 15 novembre 1677).

• 1678 : Guillet annonce qu’il a connaissance de cette critique dans la préface de son Dictionnaire du Gentilhomme (achevé d’imprimer du 15 février 1678) et qu’il s’apprête à y répondre en détail dans une quatrième édition de son Athènes.

• 26 novembre 1678 : Bayle qui a visiblement lu cette annonce dans le Dictionnaire, la répète dans les mêmes termes. Sous couvert de ne pas prendre parti – il complimente à peu près également les deux auteurs pour leur érudition –, il apparaît tout de même plus critique à l’égard de Spon. Ainsi en témoignent les « louanges empoisonnées » et « l’air malin » dont il qualifie ses propos contre Guillet. Bayle n’est cependant pas dupe du travestissement opéré par ce dernier (« L’auteur d’Athènes et de Lacédémone anciennes et nouvelles s’appelle Guillet, mais il fait ses relations comme si c’était son frère nommé La Guilletière qui voyage en ce pays là », Lettre 160, à Jacob Bayle).

• 1679 : Guillet publie la réponse en question sous le titre Lettres écrites sur une dissertation d’un voyage de Grèce publié par M. Spon (« permis d’imprimer » du 29 octobre 1678. Pas d’achevé d’imprimer).

• 9 février 1679 : Par l’intermédiaire de Claude Nicaise que Spon a sollicité, Bossuet assure le savant de son soutien mais lui conseille déjà l’apaisement (« Conseillez à M. Spon d’éviter les railleries excessives dans sa réponse aux turlupinades ; elles tombent bientôt dans le froid, et il sait bien que les plaisanteries ne sont guère du goût des honnêtes gens : ils veulent du sel et rien de plus. Assurez-le de mon estime ; comme je le vois né pour le bon goût, je serais fâché qu’il donnât dans le mauvais. » Lettre 189 à Claude Nicaise).

• 1679 : Spon contre-attaque à son tour dans sa Réponse à la critique publiée par M. Guillet sur le Voyage de Grèce de Jacob Spon (achevé d’imprimer du 13 juillet 1679).

• 6 août 1679 : Bossuet intervient de nouveau auprès de Spon, directement cette fois-ci, et est on ne peut plus clair sur la conduite à tenir désormais: « Si vous m’en croyez, vous ne vous amuserez plus dorénavant à des réponses et à des querelles dont le public n’a que faire. » (Lettre 204 à Jacob Spon).

• 1680 : la querelle disparaît de l’actualité progressivement après que Bayle l’a évoquée à trois reprises en début d’année.

• 31 janvier 1682 : Georges Guillet de Saint-Georges est le premier savant de son époque à être élu historiographe de l’Académie de Peinture et de Sculpture.

• 1714 : dans la dernière année de sa vie, Antoine Galland aurait remanié une lettre qu’il avait écrite contre Guillet (cf. M. Abdel-Halim, p.64).

• 1724 : Un recueil de textes attribués à François Charpentier est publié sous le titre Carpentariana dans lequel celui-ci explique non seulement avoir rédigé l’épître dédicatoire d’Athènes ancienne et nouvelle mais aussi avoir contribué à l’apaisement en intervenant auprès de Guillet.

• XIXe siècle : dans l’Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, Chateaubriand rappelle la controverse, nomme l’ouvrage de Guillet un « roman » et Guillet lui-même un « romancier » (voir éd. citée plus bas, Introduction clxiij et clxiv puis p. 75-76).

Noms propres

Noms propres

Références

Références

Corpus

• Babin, Jacques-Paul, Relation de l’état présent de la ville d’Athènes, ancienne capitale de la Grèce, bâtie depuis 3400 ans (Lyon, L. Pascal, 1674), Léon de Laborde, Paris, Plon frères, s.d. ou/et Margaret Daly Davis, Fontes 39, Heidelberg Universität, 2009.

• Bayle, Pierre, Correspondance : août 1685- fin juin 1686, tome 6 : Lettres 451-687, éd. E. Labrousse, A. McKenna et al., Voltaire Foundation, Oxford, 2008.

• Bayle, Pierre, Correspondance : janvier 1678- fin 1683, tome 3 : Lettres 147-241, éd. E. Labrousse, A. McKenna et al., Voltaire Foundation, Oxford, 2004.

• Bayle, Pierre, Correspondance : novembre 1674-novembre 1677, tome 2 : Lettres 66-146, éd. E. Labrousse, A. McKenna et al., Voltaire Foundation, Oxford, 2001.

• Bossuet, Jacques-Bénigne, Correspondance, tome 2 : 1677-1683, nouvelle éd. augmentée de lettres inédites et publiées avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française, par Ch. Urbain et E. Levesque, coll. Les Grands écrivains de la France, Paris : Hachette, 1909, p. 104-108 et 182-184 (Vaduz : Kraus Reprint, 1965).

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Athènes ancienne et nouvelle, Paris, E. Michallet, 1675.

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Lacédémone ancienne et nouvelle, Paris, J. Ribou, 1676.

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Les Arts de l’homme d’épée ou le dictionnaire du gentilhomme, Paris, G. Clouzier, 1678.

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Lettres écrites sur une dissertation d’un voyage de Grèce, Paris, E. Michallet, 1679

• Spon, Jacob, Réponse à la critique publiée par M. Guillet sur le Voyage de Grèce de Jacob Spon, Lyon, A. Cellier fils, 1679.

• Spon, Jacob, Voyage d’Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant (Lyon, A. Cellier fils, 1678), éd. critique A. Duchêne, R. Etienne et J.-Cl. Mossière, Champion, Paris, 2004.

Sources secondaires

• Charpentier, François, Carpentariana, ou Remarques d'histoire, de morale, de critique, d’érudition et de bons mots de M. Charpentier, Paris, N. Le Breton fils, 1724.

• Chateaubriand, François-René de, Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, in Œuvres romanesques et voyages, tome 2, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1969.

Bibliographie critique

• Abdel-Halim, Mohamed, Antoine Galland, sa vie, son œuvre, Paris, Nizet, 1964, (p. 62-64 en particulier).

• Carnoy, Dominique, Représentations de l’Islam dans la France du XVIIe siècle. La ville des tentations, Paris, L’Harmattan, 1998.

• Chataignier, David, « Georges Guillet de Saint Georges », Version numérique partielle du Dictionnaire des orientalistes de langue française, François Pouillon (dir.), Paris : IISMM — Karthala, 2012 (http://dictionnairedesorientalistes.ehess.fr/document.php?id=376).

• Constantine, David, « The question of authenticity in some early accounts of Greece », Rediscovering Hellenism: The Hellenic inheritance and the English imagination, G. W. Clarke ed., Cambridge: Cambridge University Press, 1989, p. 1-22.

• Constantine, David, In The Footsteps Of The Gods: Travellers to Greece and The Quest For The Hellenic Ideal, Tauris Parke Paperbacks, 2011 (voir p. 7-33 en particulier).

• Grosrichard, Alain, Structure du sérail : la fiction du despotisme asiatique dans l’Occident classique, Paris, éd. du Seuil, 1979.

• Laborde, Léon de, Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, Paris, Renouard, 1854, tomes 1 et 2.

• Macgregor Morris, Ian, « Liars, eccentrics and visionaires: early travellers to Sparta and the birth of Laconian archaeology », British School at Athens Studies, vol. 16, Spartan and Laconia: From Prehistory to Pre-Modern (2009), p. 387-395.

• Monval, Georges et Jean, « Le Souffleur de l’Hôtel de Bourgogne, premier historiographe de l’Académie de Peinture (1624-1705) », Bulletin de la Société de l’Histoire du Théâtre, 1908-1909, p. 48-61.

• Pignot, Hélène, La Turquie chrétienne. Récits des voyageurs français et anglais dans l’Empire ottoman au XVIIe siècle, Xenia, 2008.

Liens

Liens

Liens utiles

Dans l’ordre chronologique :

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Athènes ancienne et nouvelle, Paris, 1675 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853208).

• Bayle, Pierre, Lettre 74 à Jean Bayle du 31 janvier 1675 (erronément mentionné « 1674 ») (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-74-Pierre-Bayle-a-Jean&lang=fr).

• Bayle, Pierre, Lettre 81 à Vincent Minutoli du 17 mars 1675 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-81-Pierre-Bayle-a-Vincent&lang=fr).

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Lacédémone ancienne et nouvelle, Paris, 1676 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85321m).

• Bayle, Pierre, Lettre 123 à Vincent Minutoli du 19 juillet 1676 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-123-Pierre-Bayle-a-Vincent&lang=fr).

• Bayle, Pierre, Lettre 126 à Joseph Bayle du 25 août 1676 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-126-Pierre-Bayle-a-Joseph&lang=fr).

• Spon, Jacob, Voyage d’Italie de Dalmatie et du Levant, Lyon, 1678 (tome 1 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85322z ; tome 2 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853239 ; tome 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85324n).

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Les Arts de l’homme d’épée ou le dictionnaire du gentilhomme, Paris, 1678 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64065r).

• Guillet de Saint-Georges, Georges, Lettres écrites sur une dissertation d’un voyage de Grèce, Paris, 1679 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853281).

• Spon, Jacob, Réponse à la critique publiée par M. Guillet sur le Voyage de Grèce de Jacob Spon, Lyon, 1679 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85360h).

• Bayle, Pierre, Lettre 179 à Vincent Minutoli du 1er janvier 1680 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-179-Pierre-Bayle-a-Vincent&lang=fr)

• Bayle, Pierre, Lettre 181 Jacob Bayle du 4 février 1680 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-181-Pierre-Bayle-a-Jacob&lang=fr).

• Bayle, Pierre, Lettre 183 à Vincent Minutoli du 24 mars 1680 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-183-Pierre-Bayle-a-Vincent&lang=fr).

• Bayle, Pierre, Lettre 192 à Jacob Bayle du 13 septembre 1681 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-192-Pierre-Bayle-a-Jacob&lang=fr)

• Bayle, Pierre, Lettre 193 à Vincent Minutoli du 17 septembre 1681 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-193-Pierre-Bayle-a-Vincent&lang=fr).

• Graverol, Jean, Lettre 512 à Pierre Bayle du 9 février 1686 (http://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-512-Jean-Graverol-a-Pierre&lang=fr)

• Bayle, Pierre, Nouvelles de la république des lettres, Amsterdam, février 1686, article IX, p.211-215 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32205b/f57.image).

• Charpentier, François, Carpentariana, (http://books.google.fr/books?id=SHs5AAAAcAAJ&hl=fr&pg=PA371 - v=onepage&q=Guillet&f=false).

• Chateaubriand, François-René de, Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, in Œuvres complètes, tome 8, Lavocat, Paris, 1826. (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6138569g/f172.image).